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Le shopping bio, écologique et éthique

Faut-il boycotter l’huile de palme ?

Biscuit, pâte à tartiner, glace, lessive, rouge à lèvre...l’huile de palme est un ingrédient que l’on retrouve dans de nombreux produits d’utilisation courante et donc extrêmement difficile à boycotter. Par ailleurs, boycotter l’huile depalme pourrait entraîner un report vers d’autres huiles notamment l’huile de soja dont l’impact écologique (destruction de l’Amazonie) et social (conflits pour l’accès à la terre) est tout aussi problématique. A condition de bien sélectionner ses terroirs, le palmier à huile a besoin de 10 fois moins de surface plantée que le soja pour donner la même production d’huile : un solide argument pour limiter l’extension des surfaces agricoles au détriment des forêts. Enfin, ses qualités nutritionnelles et son impact positif sur la santé (richesse en vitamine A) ont été prouvés par plusieurs études (source : brochure Cocotier et palmier à huile, CIRAD, 2007).

Peut-on produire de l’huile de palme de façon durable et responsable ?

Une culture durable et responsable de palmier à huile devrait se faire prioritairement sur les terres dégradées au lieu de raser des forêts primaires, riches en biodiversité. Cette culture ne devrait être à l’origine d’aucun conflit foncier avec les populations locales. A l’inverse de la situation actuelle où le marché est contrôlé par des multinationales, les agriculteurs des pays du Sud devraient percevoir l’essentiel des revenus et être davantage autonomes.

Existe t-il des labels ou des initiatives pour produire de l’huile de palmedurable ? Quelle est leur crédibilité ?

En 2001, la société coopérative suisse Migros, spécialisée dans la grande distribution, est la première à avoir travaillé sur des critères de production durable et responsable d’huile de palme. Ces critères s’appuient largement sur ceux de l’agriculture biologique, du commerce équitable (Max Havelaar) et de la gestion forestière durable (FSC). L’huile de palme biologique produite en Colombie et commercialisée par Brochenin en France (notamment dans les supermarchés Biocoop) répond à ces critères qui sont aujourd’hui les plus exigeants.

En 2004, Migros propose d’élargir cette initiative en lançant la Table ronde sur le palmier à huile durable (Roundtable for Sustainable Palm Oil ,RSPO). Dès son lancement, les principales entreprises du secteur (Unilever, Procter et Gamble et environ 150 autres acteurs), associées à WWF, s’investissent dans cette plateforme de dialogue. La recherche d’un consensus, c’est à dire d’un minimum acceptable par tous, ONG comme entreprises, est à double tranchant. La principale force de cette initiative est d’empêcher la commercialisation d’huile de palme produite à partir de zone de forêt primaire convertie en plantation après novembre 2005. Mais les faiblesses sont multiples : ce système ne remet pas en cause le modèle agricole sous-jacent qui affaiblit les petits paysans au détriment des multinationales et il est écologiquement très discutable. Si la destruction des forêts primaires et des forêts à haute valeur de conservation est clairement interdite, il est, en revanche, simplement proposé d’éviter de raser des forêts secondaires ou pire des forêts sur sols tourbeux alors que cette conversion entraînerait le relargage massif de grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En conclusion, s’il nous parait exagéré de qualifier de "durable" l’huile de palme produite selon ces critères, l’initiative RSPO a au moins le mérite de limiter l’impact environnemental et social du commerce d’huile depalme.

Peut-on produire des agrocarburants à base d’huile de palme durable ?

Il s’agit avant tout d’un problème de disponibilité des terres. La consommation mondiale d’huile de palme pour un usage alimentaire devrait non seulement continuer à croitre (+3%/an) mais surtout s’accélérer, les pays du Sud étant aujourd’hui déficients en huile alimentaire. Le premier problème est donc avant tout de s’assurer que cette huile alimentaire pourra être produite de façon durable sans entraîner de déforestation. La demande mondiale, et européenne en particulier, en agrocarburants à base d’huile de palme pour faire rouler les voitures ou produire de l’électricté doit être maitrisée. Elle entraîne pourtant aujourd’hui une flambée des prix de l’huile de palme, excluant de fait les consommateurs les plus pauvres. Les pays du Nord surconsomment aujourd’hui de l’énergie ce qui se traduit par une empreinte écologique trop élevée et donc la nécessité d’importer pour satisfaire leurs besoins. La priorité doit être portée à la réduction de la consommation énergétique et à la recherche d’une meilleure efficacité. Sans maîtrise de la demande mondiale en agrocarburant, aucun critère de durabilité ne pourra encadrer efficacement les cultures de palmiers à huile.

Rédigé le  20 mai 2010 7:30 dans Alimentaire  -  Lien permanent

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